Le livre des Monts et des Mers à l’honneur au paradis du shopper

Capture d’écran 2016-02-25 à 13.52.26© gabriel de la chapelle

Savoir-faire et traditions ancestrales chinoises ont investi, du 16 janvier au 15 mars 2016, les allées du Bon Marché Rive Gauche. Pour son exposition « Er Xi, Air de jeux », Ai Wei Wei a spécialement créée des sculptures monumentales rappelant les significations et traits de caractère des créatures mythologiques du Shanhai jing, le livre des Monts et des Mers, un recueil, vieux de 2000 ans, qui compile données géographiques et légendes de l’antiquité, et qui fut essentiel dans la culture chinoise.

Ai Wei Wei avait déjà exposé ses photographies au Jeu de Paume, en 2012, mais ce n’est que rarement que la France a pu accueillir les sculptures de l’artiste.

Dépassement des clivages culturels populaires chinois et européens

Tout comme les migrants anti-fascistes européens qui s’intégrèrent à la culture américaine lors de la seconde guerre mondiale, Ai Wei Wei se voit aujourd’hui comme un avocat de la question migratoire. Il rappelle que la diaspora peut jouer un rôle majeure pour lier deux communautés, comme lui-même le fait avec son art qui rassemble les deux cultures, chinoise et européenne.

Ai Wei Wei a peuplé l’intérieur du Grand Magasin ainsi que ses vitrines, de figures fantastiques. Pour leur réalisation, il s’est inspiré de l’art ancestral des cerfs-volants dont l’invention en Chine fut très ancienne, remontant, selon certaines sources, au IVème siècle av. J.C. Et en effet, ses installations révèlent au public occidental, les techniques traditionnelles de réalisations des cerfs-volants, avec structures en bambou et garniture de soie.

« Je voulais repousser les limites de ce médium qui est très populaire en Chine. Je me suis adressé au meilleur fabricant de cerfs-volants chinois, Monsieur Wong Yong Xun. Ces personnages sont des prouesses techniques. En même temps, c’est un artisanat très simple, tout le monde peut réaliser un cerf-volant. » explique l’artiste.

Le lien avec la culture populaire chinoise est, de plus, mis en exergue par les thèmes traités, des figures mythologiques qui peuplent l’inconscient collectif chinois.

Les étranges créatures oniriques, mi-humaines mi-animales, à qui Ai Wei Wei a donné vie, sont autant d’interprétations des dieux et esprits qui peuplent le livre des Monts et des Mers, une des principales source des légendes populaires de la Chine ancienne, que nul chinois n’ignore.

Ainsi, par exemple, l’artiste a représenté la déesse Mingshe, un serpent à sonette avec quatre ailes, qui fait des bruits de carillon. La voir serait un bon présage pour la réalisation d’un projet. Heluo, le poisson aux dix corps et à la tête unique, qui aboie comme un chien, permet, selon la légende, à celui qui le mange, de réduire les tumeurs. Manger le Shuyu, un poisson aux plumes rouges, ressemblant à un poulet, avec trois queues, six pieds et quatre têtes, guérirait de la mélancolie…

Capture d’écran 2016-02-25 à 13.56.43Heluo © gabriel de la chapelle

Capture d’écran 2016-02-25 à 13.58.06Ai Wei Wei posant devant un dessin d’Heluo, le poisson à dix corps

Au rez-de-chaussée, un immense dragon de papier accueille le chaland. Ai Wei Wei propose ici une vision différente de la conception occidentale de cet animal chimérique qui se veut féroce. L’artiste met en lumière l’approche asiatique du dragon, un être empreint de succès, pouvoir, perseverance et immortalité, qui fut le symbole des empereurs pendant des siècles.

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Le visiteur découvre à nouveau gigantesque dragon, au niveau de l’escalator central, thème issu de la mythologie des dynasties chinoises impériales, sur lequel Ai Wei Wei a dessiné de subtils méandres calligraphiés, rappelant l’art populaire des tableaux à l’encre de Chine.

Inscrire toute cette mythologie traditionnelle dans le temple de la consommation et donc de société parisienne, n’est pas un hasard. Ai Wei Wei créée des ponts entre les deux cultures.

Paris n’est pas anodin pour l’artiste, son père, alors jeune étudiant, partit étudier la peinture et la littérature et revint en Chine la tête pleine des textes de Balzac, Rimbaud, Baudelaire… Il transmit cette culture à son fils.

Et tout comme ces figures légendaires asiatiques, Paris, la grande ville, représente pour l’artiste une mythologie par elle-même, c’est-à-dire une approche poétique du monde, qui reflète l’imagination, les rêves, les inquiétudes, les souvenirs de nos sociétés. Paris est un gigantesque réflecteur de notre imaginaire collectif.

Et tel en est du Bon marché, lieu directement lié à la ville et à ses habitants. Le Grand Magasin est un gigantesque mirroir de genres, de styles de vie et de caractères.…et exposer, non pas dans une galerie ou un lieu d’art, mais dans un lieu de vie, représente un véritable défi pour l’artiste, qui lie ainsi les deux cultures populaires, la chinoise et la française.

Des années plus tard, l’artiste peut ainsi faire le lien entre le Paris rêvé de son père, le Paris d’aujourd’hui et la Chine traditionnelle et populaire.

Un camouflet au nez du Parti Communiste chinois.

Le Parti communiste chinois avait en effet assigné l’artiste à résidence pendant quatre années, lui avait retiré son passeport pour ne lui rendre qu’en 2015, date à laquelle il a pu réintégrer son atelier pékinois et commencer la réalisation de ces oeuvres spécialement conçue pour le Bon Marché. Ai Wei Wei fait ainsi honneur à son rôle d’activiste, en exposant dans le lieu même de la consommation capitaliste, un grand magasin occidental. Ce militantisme est depuis toujours ancré dans son caractère.

Dès le début de sa carrière, Ai Wei Wei a en effet fait montre d’un tempérament subversif: À la Beijing Film Academy, où il étudiait l’animation, il expérimentait, avec d’autres jeunes artistes, les valeurs progressistes de l’impressionnisme et de l’abstraction occidentale. Il forma alors en 1979 le groupe Stars avec Ma Desheng, Huang Rui, Li Shuang, Zhong Acheng, Wang Keping, Qu Leilei…Le nom Stars (Etoiles) fut choisi pour souligner leur individualité, et s’opposer à la morne uniformité du parti communiste chinois. Leur art fut très vite rejeté et sanctionné par l’Etat. Après s’être vu refusé l’espace officiel d’exposition, à la China Art Gallery, le bastion de l’art socialiste officiel à Pékin, les membres du groupe Stars accrochèrent leurs peintures et sculptures sur les grilles du parc de la galerie avant que la police n’intervienne et qu’une annonce officielle déclare l’exposition illégale. Pour résister, durant le 30e anniversaire de la fondation de la République populaire, les Stars organisèrent une marche de protestation au nom des droits humains individuels arborant la bannière «Nous exigeons la démocratie et la liberté artistique ». Enfin, ils organisèrent une exposition au Huafang Studio à Beihai Park, Beijing, puis après divers affrontements avec le Régime, les membres des groupes quittèrent la Chine et le groupe fut démantelé en 1983.

Mais plus que ce désir imminent de liberté, l’œuvre d’Ai Wei Wei réfléchit sur les dangers de la civilisation dans son ensemble. 

Récemment par exemple, pour protester contre la loi sur l’immigration danoise qui permet de saisir les biens de valeur des demandeurs d’asile, l’artiste chinois a décidé de fermer son exposition Ruptures à la Fondation Faurschou à Copenhague.

Une histoire personnelle initiatrice de ce désir de justice

Son engagement politique peut se comprendre compte tenu de son histoire familiale. En effet, le père d’Ai Wei Wei, Ai Qing, était l’un des poètes contemporains les plus connus de Chine. Il fut emprisonné par le Kuomintang de 1932 à 1935 soit disant pour avoir témoigné de sensibilités révolutionnaires. Reconnu par la suite comme une célébrité littéraire communiste, l’opération de lutte contre les intellectuels qui fut entreprise dans le cadre de la campagne des Cent fleurs, en 1957, mit fin pour un temps à sa carrière; L’année suivante, toute la famille de Ai Qing fut envoyée en exil au Xinjiang au Nord Ouest, un état particulièrement aride et stérile. Bien qu’Ai Wei Wei était très jeune alors, tutoyer les difficultés à cette période primitive de sa vie se révèla très formatrice durant les vingt années suivantes et incita l’artiste à adopter une attitude de résistance et de détachement.

L’art, outil de remise en question et de mise en garde

Selon le dissident chinois, l’art nous permet de nous poser les bonnes questions, et si on en a la volonté, d’atteindre et de découvrir nos propres structures mentales, telle une vanne qui s’ouvre lorsque l’on exprime ses rêves avec des mots.

Insuffler une sorte de malaise, inciter à se poser les bonnes questions sur notre perception ou sensibilité visuelle, remettre en question les éléments essentiels de nos processus mentaux, juger et interpréter des objets ou fragments culturels communs, sont quelques-uns des procédés utilisés par l’artiste pour faire évoluer les habitudes et codes sociaux.

Par exemple, au Bon Marché, son oeuvre a démantelé le grand récit de la tradition culturelle chinoise, en l’inscrivant dans le temple du capitalisme, créant à cette fin un trouble volontaire.

Mais on retrouve cette stratégie de remise en question contre l’édifice culturel chinois dans nombres de ses travaux. The Furniture series, 1997-2000, par exemple questionne la fonction rituelle du mobilier de la dynastie des Ming et des Qing, et son appartenance à une classe dirigeante. Le style, la proportion, le type de bois de ces meubles révèlent en effet, le contexte social du propriétaire de ces objets.

Capture d’écran 2016-02-25 à 12.31.48Grapes, 2010. Twenty-seven stools from the Qing Dynasty (1644-1911)

De telles pièces de mobilier étaient construites sans un seul clou et pouvaient être démontées et remontées pièces par pièces sans instruments. Ces meubles révèlaient donc une certaine harmonie entre les divers éléments, jusque dans les moindres détails. 

Bien qu’Ai Wei Wei ait altéré ces pièces de mobilier originales pour en créer de nouvelles, l’artiste a pris soin de respecter les lois fondamentales de constructions pour élaborer de nouveaux objets. 

Ai Wei Wei a par ailleurs beaucoup utilisé le vélos, objet emblématique de la vie chinoise, pour le convertir, en sculptures gigantesque. La sculpture Forever peut être vue  à la fois comme une référence aux paysans chinois (pour qui le Forever vélo était un des principaux moyens de transport) et au peuple en général qui constitue la force de travail permettant aujourd’hui la production industrielle de masse d’objets manufacturés, particulièrement excessif dans la Chine devenue capitaliste. Une antithèse se créée ainsi entre cet objet à la fois symbole de la Chine traditionnelle et contemporaine, et illustre la rapidité des évolutions sociales de ce pays. 

Une nouvelle classe dominante a vu le jour et avec elle, en effet, une classe moyenne considérable; beaucoup ont acheté leurs propres maisons, objets de luxe etc…Il y a un désir rudimentaire d’atteindre un certain statut,  style, et peut-être même beauté,  tout ce qui peut transcender la brutalité de la vie dans une Chine entraînée par l’argent et le désir brut.

Son œuvre réfléchit sur les périls et possible impasses de la civilisation dans son ensemble, et témoigne de réserves quant au développement d’un certain type de classe moyenne sans le secours d’un garde-fou.

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« Shaida » endless walk in the streets of London

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From the 14th to the 17th of January 2016, the streets of London have been lit up on the occasion of the Lumière Festival, staging art wonders from various artists.

The first outdoor festival edition showcased the capital’s buildings through the installation of artworks in public spaces, letting the strollers explore the city in a new way.

The british artist, Julian Opie, took part in the event, enjoying the « combination of festival, party, nighttime, art, extravaganza (which) goes together well”.

For Lumière, Julian Opie has installed an artwork which, contrary to other art pieces on show at the festival, will remain as a permanent installation in the central Carnaby Street area, in Soho.

Entitled « Shaida Walking », the piece is a double-sided LED vertical monolith which is animated to create a ‘walking portrait’. The moving artwork is set on Broadwick Street and shows a female figure walking towards Carnaby Street. ‘Shaida Walking’ will join the existing permanent installations through the 13 streets of Carnaby.

This moving installation creating an interaction with the viewer, is “an interesting way to present art.” Opie stated.

This urban artpiece is not uncommon in Opie’s work and is part of a series of installations the artist has completed for major public commissions in cities all over the world.

Capture d’écran 2016-02-08 à 10.20.54Galloping horse, 2012, Yorkshire sculpture Park, UK

Capture d’écran 2016-02-08 à 10.20.05Walking on O’Connell St, 2008, Dublin, Ireland

Capture d’écran 2016-02-08 à 11.13.02Crowd, 2011, Seoul Square from Seoul Station, South Korea (Courtesy of Gana Art Gallery)

Julian Opie indeed created series of videos where he made his drawings into films, as he would also do in different media, such as paintings, billboards, cd covers, sculptures in steel, wood, concrete, road signs and screensavers, thus exploring multiple forms for a single image or concept.

Capture d’écran 2016-02-08 à 14.24.24.pngCaterina dancing naked 02, 2009, Paint on aluminium (Courtesy Lisson Gallery)

Even if the artist has not only produced reduced and standardized depictions, such as « Shaida’s walking » in London, the « Crowd » in Seoul, « Walking on O’Connell St » in Dublin, and many others, these quintessentials imageries have been democratized. They became well-known and very popular.

Minimal syntax

In order to show a standardized visual language, Opie used a most common imagery, avoiding the specific.

These simple geometric forms somehow minimalist by their rigorous economy of means, had rather placed the emphasis on the generic, the universal, the essentials, to give immediacy and create the most direct relationship between the art object and the viewer.

Opie’s visual language, devoid of any decorum or details, tends to be reduced to the minimum.

But where do the roots of this particular condensed imagery lies?

Defining his style towards a virtual reality

Opie’s economy of visual means was refined in preparation for his participation in the 9th indian triennale in 1997. He aimed at compressing the physical aspect of his subjects so as to make them more mobile and therefore more adjustable. Being rectangular and narrow, reminding canvases, the shape of the office buildings he got inspired of, led him to go forward. He realized this format was easy to read and that he could paint anything on it, as these boxes-like shapes functionned like screens. So he came to the idea of putting all the painted objects – cars, buildings…- onto flat boxes.

Capture d’écran 2016-02-08 à 19.12.07Church ? 1. 1997, Courtesy of the artist

Opie felt these condensed forms were able to function independently from each others as well as in groups. « I’d realised it wasn’t necessary to build a full scale world. Just a few suggestions were enough ».

He added « I see the sculptures as functioning a bit like objects in an Ikea catalogue. They can exist on their own but are also capable of  being combined in many different ways with other objects from the catalogue, to create a larger whole, an exhibition in my case or a home in the case of ikea. »

Indeed, the parts of a whole could be displayed and arranged in new ways, according to the limits of space. These images created a virtual reality.

The artist explains « different combinations of symbols or drawings create different scenarios and atmospheres. Car/tree/road is calm, modern, smooth and distant. Trees/high office buildings is noisier, urban, crowded, tough, but a bit romantic. Trees/low office buildings is more campus-like, quieter, a bit lonely, but still public. Trees/suburban house becomes a little mysterious, more old-fashioned, silent. »

To populate his world, initially the artist’s intention had been to make anonymous the passers-by.

Thus, Opie approached the human form by first selecting the most standardized representations he could find – looking at signs and symbols in the real world, such as those to indicate male and female in lavatories. He then combined these with a digital photograph of a real person, merging the two using a computer-drawing programme.

His representation of key famous people is a perfect exemple of this quest to quintessential depiction. « I think the whole notion we carry of people, as examples of types, is very interesting…There are some key famous people who become these types and I want extend that really so that everybody is a type, if you draw them in the way I do ».

Thus Gary, the pop star, in Opie ‘s world, is nothing more than a receptacle of formal archetypes.

Capture d’écran 2016-02-08 à 13.33.38Gary, popstar, 1998-9, Tate Gallery, London

Julian Opie’s strive to immediacy and mass-culture recall for some, the pop art current.

A new pop art language to question our contemporaryselves? 

Opie’s minimalist language has shown his desire to communicate directly and to give immediacy. But instead of using abstract and metaphoric form, he would rather ground his work in figuration and use recognizable representations, as the pop artists has done decades ago, interweaving art and ordinary life.

Many critics were quick to see in Opie a mere successor of pop art. The art historian Marco Livingstone stated: « The jocular tone and simple forms of representation, both of which masks the technical complexity of the structure, were clearly intended to entice a mass audience in much the same way as the most exuberant forms of Pop art had done 20 years earlier. »

But the motives are more ambiguous than it appears.

Reflecting imagery that derives from brands and logos, the artist wants « to be as if each person I draw were a multinational company with a logo. »

Indeed, Opie shows an interest in the psychology of perception and in the complex representation and discernement of reality.

Reducing reality to quintessentials and multiple forms is part of the effect. When we think of the human form we think of ourselves, a subjective being, but Opie’s people are blank impersonal reflections…

The serial form of ourselves leads us to think about the society we create and how we relate and resemble to each others, and inevitably, we ask ourselves if we are all reductible to predefined signs and archetypes.

It is intriguing to see something so particular as a human, crystallized in such a neutral, graphic language.

However, while making anonymous the passers-by, the artist never completely erased their personality. They look like signs but their particularities – a woman with a handbag over her shoulder, a man with sneakers and earphones – become more prominent thanks to the reduction of everything else. They look like signs but are still subjective.

Hence the ambiguity.

A reminder of the EphemEra

Opie’s language is a powerful reminder of the speed of contemporary life.

Shorthands icons are everywhere in the contemporary world. Signs and symbols quicky tell us what we need to know and think. And we have come to a point of relying on them without even realizing it.

The artist uses this symbolic repertoire that became too familiar and reassuring, conveying an information we are accustomed to.

Such as multinational logos, being so repeated that they are ordinary and easily recognizable, these everyday domestic symbols relieve anxiety and restore confidence.

His work discloses the modern condition of the accerelated experience.

It could be said that technology is moving too fast for us and that in our daily lives we tend to see life in general.

Opie depects how reality one can feel as well as how our fast-paced environment can look like.

Thus, we don’t pay attention, the surface area being determining element in our world of ephemeral speedy visual expressions.

And Opie exploits this fully. Although when three-dimensional, his objects appeared to be all surfaced.

Opie questions: how do we deal with our perpetual enchantment and disillusionment with superhighway information and cyberspaces.

He strives to far-fetch one’s reflexion of our own neutrality towards things that are so paradoxal in modern world, the will of being individualized and subjective, and the fast-paced environment that make us nothing more than signs, logos and neutral.

 

 

 

 

 

 

 

 

Exploring Sepik art & culture

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From the 27th of october 2015 until the 31rst of January, The Musée du Quai Branly in Paris gathered a suite of 230 sculptures concerning the culture Sepik.

The Sepik is actually the longest river in North Papua New Guinea, of nearly 1,200 kilometers snaking through the swamps and rainforest, before spilling into the Pacific Ocean.

As human occupation is attested for several millennia, the river used to be a source of food and a means of transport, but it was also a source of threat, with flooding and crocodiles, and many other animals that populated the Sepik mythologia.

Along its shores, a countless diversity of cultures and languages ​​has developed over millennia. Scientists could count over 90 different languages, the smaller language groups being limited to a few villages of 300-400 inhabitants.

 

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IMG_4704.jpgVarious linguistic groups in the Sepik area

 

The abundance of food the Sepik River has induced the development of complex rituals and ceremonies to consume and use them. That gave an opportunity to make many objects.

Sepik Iconography and artfacts

Big and powerful birds, as sculptures on houses, often represented the agressive strength of the whole village, which would spot men in enemy territories, such as fishes to be caught.

The world of women and men were strictly separated. The spaces reserved for women, dwelling houses in particular were accessible to all members of family lines, friends and guests. This is where women prepared food and mesh bags, or richly decorated pottery.

There also were mythical figures like Daria, a very powerful and quite malicious woman, representing the authoritarian mother goddess but also distributing wealth.

The men’s house, inevitably forbidden to women, is symbolically a woman’s body, referring to a glorious feminine ancestor. Several masks and erotic carvings represent this symbol in the men’s house, the center of the male world and ceremonial life. Only adults had the right to enter the imposing building, with high roof and exuberant exterior and interior decoration. In the house of men, were preserved items used in the mysterious male rituals, including the initiation of young boys such as spears and masks.

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In Sepik, ritual passage into adulthood leads to very impressive dances and songs. Boys to be initiated would be secluded in the forest, eating a special kind of food and once they appeared again in the village, they were celebrated as having reborn. Giant drums resonate for days and nights.

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Drum from Kairiru island

 

Being initiated gave men access to knowledge and the privilege of accessing the most powerful objects, such as masks, musical instruments, sculptures, bones, shells….These were directly linked to the ancestors.The Sepik masks have in common to be very frightful. And those who wear the costumes are adorned with leaves and feathers, they look like monsters.

The paddles were often considered as « the first child » by the warriors attacking another village. But the military expedition did not aim at destroying the enemy and every mission was submitted to the ritual and spiritual prescriptions. For the first cut head, a man was considered a real warrior by the village.

A paste made of sap, lime and red ocher was used to mold the cut heads to keep them in the houses of men.

The ancestors played a key role, especially as creators of the world. They were ubiquitous in everyday life and rituals. We perceived the sound of their voice through water drums and bamboo flutes. Terrifying figures of ancestors and masks created with boundless fantasy were used in initiation rituals that can last one year.

Ancestors figures were proeminent in the Sepik culture also because ancestors represented the « Everything ».

Ancestors decided what the law was, and if someone, would act against the law, ancestors would appear in various shapes to punish.

The crocodile often represents the ancestors: In some villages, such as in the tribe Iatmul, during the initiation rites, the bodies of the boys are adorned with spectacular scarifications representing crocodile-ancestors bites. Crocodiles symbolically eat the young non-initiated spirit and spit the new out at the end of initiation.

IMG_4745.jpgScarifications on initiated men

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A boat-shaped crocodile statue in one of the most famous sepik creation. Carefully carved from wood, it length two meters. That gives a hint of the Sepik River dimensions.

These canoes allowed the people to exchange goods and objects, to find partners to marry, but also to make war. They were the most important means of transport in the Sepik Basin.

Zoomorphic trophies as the skull of crocodile where adorned with precious stones to create sparkling blue eye. Numerous musical instruments, which, thanks to their sound, embodied the ancestors: for example, bamboo flutes up to two meters long, that rendered voices, important in initiation rituals.

Iatmul

The Iatmul were a broad ethnic group inhabiting some two-dozen politically autonomous villages along the middle Sepik River. The Iatmul were not a centralized tribe. They never acted politically, socially, economically or as a single unit. Villages were autonomous. Yet, the communities were roughly grouped according their language as well as sociocultural affinities.

In Iatmul legend, the original status of the world was a primal sea.

The waves stirred by the wind made the land surfaced, leaving out the first generation of ancestral spirits and culture-heroes. The ancestors then embarked in a series of mythic-historical migrations. Where they trod, land would appear. The ancestors created the world through naming. Literally, They named all the features of the world into existence-trees, mountains, stars, winds, rains, tributaries, towns, everything in the world. These names are called Expired totemic names. They are patrilineal names claimed by specific clans and lineages. Totemic names are magical, and form the basis for the religious system.

The Iatmul are best known for their art, related to men’s houses, male initiation, elaborate totems, and a famous rituals.

Explorations and heritage

The Sepik River was long neglected by explorers and travelers. But in the sixteenth century, the first Europeans landed on the island of New Guinea, a part of Papua New Guinea. However, the river would only be discovered in 1886 when a German researchers colony settled there. It was not before years that exploration trips were organised, including the Hamburg expedition of 1908-1910 and the Berlin South Seas expedition in 1912-1913.

Quickly, Europe got to know the exceptional aesthetic value of Sepik art. The first masks, drums and sculptures from Papua New Guinea who managed to arrive in Europe, there are over a hundred years, caused a sensation. 20th century artists used the visual language of these carved wood, which was new to them; Expressionist artists such as Emil Nolde and Max Pechstein, members of the Brücke group, but also the Surrealists were fascinated by the poetic beauty and the artisanal virtuosity of these objects from Oceania. The European public was intrigued by the unusual materials, such as shells, feathers, but also bone or animal teeth.

 

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A sepik headrest that belonged to André Breton

To know more about the exhibition:

http://www.quaibranly.fr/fr/expositions-evenements/au-musee/expositions/details-de-levenement/e/sepik-26753/

 

Cai Guo-Qiang, the chinese land artist to be shown at the Sundance Film Festival 2016

Cai Guo-Qiang, one of the most reknown chinese artist, is the subject of the documentary by Kevin Mcdonald, Sky Ladder, that will be shown at the Sundance film festival 2016 in the category World Cinema Documentary.

The title of the documentary refers to one of the artist’s most ambitious creations, accomplished last year, a gigantic ladder « into the clouds », of 1,650 feet high rising from his hometown of Quanzhou, China.

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The pyrotechnic masterpiece was the result of his maestria of the ancient art of Chinese fireworks, and after having tried years and years in various places, creating an immense scale of metal and fireworks, slowy rising to the sky, was the achievement dream of Cai Guo-Qiang’s lifetime. 

Cai Guo-Qiang became internationnnaly known in the early 1990’s for the big strokes not of ink, such as would commend the ancient chinese tradition, but of gunpower.

Transforming violence into ethereal beauty

The work of the artist consists indeed of physical, intellectual and spiritual gesture, such as in calligraphy, but at an awe-inspiring scale, and using a technic invented in China, fireworks.

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Pyrographed calligraphy at the artist’s solo exhibition at industrial city of Donetsk, Ukraine.

In China, gun power was used both in good and bad ways, in destruction and reconstruction, that is one of the reasons why explosion is such important in the artist’s work.

Cai’s father having to burn his beloved manuscripts and calligraphy because of the maoist censorship and going into a strange self-exile as a result, has furthermore certainly pushed him to revive this ancient art on a bigger scale.

The heartbreaked artist once said “my father would take sticks and write calligraphy in puddles on the ground” during his exile. “The calligraphy would disappear” when the water evaporated, leaving behind “invisible skeins of sorrow.” Not entirely invisible, one senses the inscribed like calligraphy on his son’s memory.

Humanity and Human scale

But far beyond personal insights, each of his work aims at creating a dialogue between humanity, the earth and beyond, to feel humanity within the universe.

Cai’s philosophy is that humans must exist in harmony with the earth and the cosmic spirits, not separatedly.

His “crop circle” in Germany, modeled on those supposed extraterrestrial “signs” carved in wheat fields—a project that called for 90 kilograms of gunpowder, 1,300 meters of fuses, one seismograph, an elec­troencephalograph and an electro­cardiograph—is a good exemple of this strive to understand the complex relationship between the earthy and extrearthy entities.  In this event, two medical devices were there to measure Cai’s physiological and mental reactions as he stood in the center of the explosions, to symbolize the echoes of the birth of the universe, that can still be felt in every molecule of every human cell.

https://vimeo.com/42229948

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Fetal movement II: project for extraterrestrials n°9, 1992

Indeed, Cai claims not to separate the spiritual and the physical, and that « art can transcend time and space, and achieve something that science cannot. The job of the artiste is to create such time/space tunnels. »

Art critic Yashushi Kurabayashi wrote « An explostion is a magical encounter of two different elements, and a process that encompasses the eternal transformation of matter (…) as an explosion is sometimes compared to the Big Bang (that) forces us to imagine a moment without time and space, an instant before they come into being ». The explosion takes place both in an instant and in eternity.

Later, some of his major projects included, to have extended the Great Wall of China by 10,000 meters: Project for the Extraterrestrials N.10 (1993), and extension of the Great Wall of China, a fiery elongation of the Ming dynasty’s most famous work, designed to be seen from space by aliens, as he wanted to open “a dialogue with the universe” he says. the extension constituted of a detonation of a spectacular six-mile train of explosives.

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Project to Extend the Great Wall of China by 10,000 Meters: Project for Extraterrestrials No. 10, 1990

https://vimeo.com/43421473

But most people know Cai Guo-Qiang, since 2008, for the worldwide televised “fireworks sculpture” that he created for the opening of the Beijing Olympics. “The explosion event consisted of a series of 29 giant footprint fireworks, one for each Olympiad, over the Beijing skyline, leading to the National Olympic Stadium. The 29 footprints were fired in succession, traveling a total distance of 15 kilometers, or 9.3 miles, within a period of 63 seconds. » as he described it.

Provoking debate in China and international recognition

Over fifteen years he has refined his concept and expand his range of media.

For the 48th Venice Biennale’s prize, Leone d’Oro  he won in 1999, Cai recreated the Rent collection Courtyard installation. This originally is a very popular anonymous sculpture from the 60’s. This propagandistic work, a social realist tableau of more than 100 sculptures, depicts the exploitation of feudalism and was meant to contrast with the benefit of the life under Mao Zedong. This recreation in Venice provoked an intense debate in China, some of the artists of the Fine Arts Academy of Chong Qing even have threatened to bring legal actions against Cai for copyright infringement. A teacher in the Academy granted his art as ‘an exemple of postcolonial cultural imperialism in which China is demonized as backward and despotic’.

But in the Cai’s point of view, it is time for the artist to take responsibility for what had happened during the Cultural Revolution. Cai wants to raise issues such as the role that the artists played during this era, and in any strong political setting in general. As he put it « Everyone acted as if they were victims of the times, yet these are the same people that made up those times ».

The artist also wants to « open up the discussion of the Chinese contemporary art » which has roughly had taken two separated ways that have nothing in common with each others.

Internationally, the artist has been awarded of many prizes, such as the Hugo Boss price in 1996, and is highly bought by collectors. In 2007, his canvas Set of 14 drawings for Asia-Pacific economic co-operation attained the record of 9,5 millions de dollars (6,02 millions d’euros). This record for a chinese artist will be, however beaten in 2008 by Masques, séries 1996, no 6 by Zeng Fanzhi.

 

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Venice Rent collection Courtyard, 1999

Cai at Sundance Film Festival 

Kevin Macdonald, excited about the cinematic potential of Cai’s works, aims to bring the a very up-close and international look at the work of the Chinese artist, showing all these explosions and sculptures in smoke, in slow motion using drones and multiple cameras. Kevin Macdonald wants to give the public the opportunity to understand more the artist’s lifelong obsession: Sky Ladder, and give an insights of the reasons for this quest.

 

 

 

Liu Zheng, « New Documents » of China: between harsh reality and romanticism.

In 1994, the artist Lui Zheng has started his photographic project, The CHINESE, in the idea of capturing the atmosphere of the populated streets of china, grasping moments in which archteypal chinese characters, such as provincial drug traffickers, coal miners, children, Toaist priests, street eccentrics are encountered. This project remind that of Diane Arbus or that of August Sander.

In this prospect, Liu Zheng wanted to seize the incredible transformation China has experienced since the 90’s, when economical modernization would dialogue with ancient traditions, enhancing the ambivalent of China in the 21rst century.

Playing with the Maoist romantic representation of workers, peasants, soldiers, he infuses a sense of everyday drama, tragedy and absurdity, as the characters are often shown in often in unexpected situations.

This project took place while the chinese experimental art was, and is still, slowly trying to gain prominence, the aim of the artist, moreover, being to capture truth behind an archetypal vision of the entire chinese culture. That is all the more important as we know that photography in communist China served as officially controlled press photography.

Unlike the images of communist propaganda, Liu Zheng’s photographies are like mirrors, reflecting not only the joy, whimsical attitude and innocence, but also sorrow, loneliness and pain.

For instance, Xinjiang girl working in a textile factory (1996) show the cruel reality of child workers. The  gaze is longing for help, and reveal the cruel exploitation of her body. This exploitation exposes the ugly side of capitalism, which multinationals to exploit children in the name of progress.

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Xinjiang girl working in a textile factory, 1996

The Four beauties identifies with China collective legend, that of the the four beauties, Xi Shin, Diao Chan, Wang Zhaojun, Yang Gufei. The tragedy of human perils is given form as the beautiful heroins sacrified to the emperor. Liu Zheng strives to break with the traditional chinese fascination to these beauties by depicting them with a strong « earthiness » that would contrast with the sacred image of the collective psyche, that of the traditional chinese painting. Thus, the artist blurs the borders between history and reality in the chinese culture, performing an intricate balancing act between harsh reality and romanticism.

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Four beauty, Diao Chan, 2003

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A rural boy in school uniform, 2000

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Three country stripers, 2000

 


It’s when the adventurous life has to face reality that it takes its dramatic dimension, which grinds dreamers and weak people

The Costa Concordia, full of lamblike and peaceful tourists, wandering what a journey on a holiday boat looked like, could have inspired Joseph Conrad, one of the greatest adventurous novel british writers, to write Lord Jim, the novel dealing about a ship captain, cowardly abandoning the travelers he has to look after, whilst in a shipwreck. That is a wonderful exemple of: It is when the adventurous life has to face reality that it takes its dramatic dimension, which grinds dreamers and weaks.

Conrad opposes the reality of an inglorious existence, that of Jim, who wants to survive, that of a heroic captain, who would risk everything even to die. Is the sea world playing here with the proximity between heroism and stupidity?

The violence of the marine world destroys the heroic dreams of the main character who does not stand reality, thus revealing the flaws of his human existence, he, who, after reading adventure novels, dreamed of becoming a romantic hero.

He had the heroic dream of becoming a quixotic captain but the violence of reality, that led to the sinking of his ship, compelled to reveal his cowardly and weak nature.

And the shipwreck itself revealed there were no possible heroism: nothing epic in the wrek of his ship but a slow death, without passion, in which the character suffered.

Later, Jim flees reality and tries to become the hero he was not able to be, but he is constantly reminding the weakness of having abandoned the ship and its cargo pilgrims, and he wanders from ports to ports, ashamed of his crime. It will search all through its journey, the means to redeem themselves by heroic actions, risking his life.

Is Francesco Schettino, the former cruise ship Costa Concordia’s captain, who has recognized his errors to the court, condemned to flee from ports to ports, towards neverlands, to redeem himself by heroic actions…?

 

Is Yaokwa, the ritual of cosmic and social order to be vanished?

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Yaokwa, a ritual practiced by enáuenês-nauês, known also as Salumã, an Indian tribe of Mato Grosso, in Brazil, marks the dry season, during which enáuênes-nauês interact with the creatures of the underworld, called Yakairiti.

Offerings are made for these spirits to calm down their insatiable hunger. In exchange of the relief the food given bring to them, the spirits maintain the social and cosmic order. The preparation of Yaokwa begins in January, cassava harvest time, also the best time to build  fishing traps in rivers Joaquin Rios, Arimena, Black River and Nhambiquara.

The fishermen remove all adornments that can identify them as human, so as to represent the beings of the underworld, the Yakairiti.

The village is divided into nine rituals clans. And after two months of fishing, each clan offers salt to the group of fishermen/ Yakairiti, in exchange for fish. The salt consumption symbolizes the communication between spirits and humans.

On the way back to the village, the fishermen/Yakairiti, again representing the beings of the underworld, encounter the residents of the village. And, after the ritual songs, they again exchange fish for drinks, prepared with cassava and maize.

The ritual lasting months, in the following weeks, the food is to be consumed in night banquets with music, songs and dances to pay tribute and communicate with the world of spirits.

Indeed, constantly maintaining balance and harmony between nature and the spiritual world is essential, as the Enawene Nawe universe has two levels and they are between the two.

The upper level is the living place of Enore Nawe, or celestial spirits, who are the masters of honey and of certain flying insects. They accompany the Enawene Nawein during their fishing parties or their expeditions, and protect them against the dangers of the world surrounding the village. The subterranean level is the realm of yakairiti. The spirits of the world below are of highest importance as the yakairiti are the masters of natural resources, and if you exhaust the earth and the fish, yakairiti will take revenge and kill all the Enawene Nawe…

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UNESCO recognized their importance a few years ago, but are they to be disappear anyway?

In August 2006, has started a process to acknowledge the Yaokwa ritual as a Brazilian intangible UNESCO heritage, after Iphan studies pointed to the risks posed by factors such as the acts of woodcutters and miners in the area, as well as the construction of small hydroelectric dams, changing the natural and social landscape. The request was approved in 2011 with the inscription of Yaokwa in the registry of UNESCO Cultural Heritage, enhancing the urgent need of protecting it. The decision was taken during the meeting of the Intergovernmental Committee for the Safeguarding of the Intangible Heritage in Bali, on the grounds that the Yaokwa « is an extremely delicate and fragile ecosystem whose continuity depends directly on its conservation ».

But today, things are far to be sorted out as the brazilian government announced it would begin the construction of a series of hydroelectric dams upstream of their territory. The Indians oppose the dams which pollute water and will remove the fish that are an essential part of their diet, and by extension that will threaten their forest as well as their rituals and traditions.

Indeed, not polluting their river is all the more of the utmost importance as the Enawene Nawe are one of very few tribes in the world who do not eat red meat. They are expert fishermen catching fish with timbó, a poisonous juice made out of a woody vine. The natural poison is put in the water, so the fishes will rise to the surface, asphyxiated.

Will they have to flee again?

Unfortunately, due to other tribes attacks, they already had to flee, finding no rest in their nomadism and being compelled to abandon their religious centers:

Salumã people had to flee from their primary local source, in the 1940’s, in response to frequent attacks of the Rikbaktsa tribe. They then moved to the inhabited region known as Serra do Norte, where they built villages and dams. In the 1950s, they reached the Iquê margins, which expelled the Nambikwara and from which they were expelled again a few years later. They continued moving up the river Camararé, to settle near a small tributary, the river Spring, inside the Nambikwara territory. There remained until the 1980’s, when they migrated back to the Iquê, where they remain until 2012.

Unfortunately, due to the lack of recognition in their importance by the brasilian governement, will this tribe have to flee again?

Will their beautilful art and tradition is condemned to disappear?

To know more of their art and traditions, find below:

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Did Orphée/Orpheus ever existed?

Orphism , the cult of Orpheus plays a major role in the construction of our western  civilizations. Indeed, rites of this worship such as those associated has seen developed the idea of the soul and immortality thereof.

For two centuries, hellenists debated this question. Lately, a papyrus has been found in a tomb in Deverni, in Macedonia, in Greece, that would light up the darkness around this issue. This groups of texts, dating Ca. 4th c. BC, are snippets of sentences, words, chapters….that slip around burnt parts. They show figurative representation that put us on the way….An Aède with his Harp is shown on a small boat often surrounded by books or in Hell…These pictures are often depicted on funerary objects such as vases and obey codified rules.

Let’s have a hint of what the historians of Antiquity and of nowadays historians have transmitted of Orphée/Orpheus and of Orphism :

– Herodote tells us that the greek theogony has been taught by poets such as Orpheus. And that the Orpheus cult and feasts comes from Egypt.

– For Denis Huismans this myth comes from Sicily, and would be the light side of cult of Dyonisos….rid of its demons, excesses and violences. Of this brotherhood emerge the idea of ​​constant identity in an afterlife, and the inclusion of guilt and punishment it can call. We can get rid of one’s faults by sacrifices, announcing therefore the christian indulgences.

– Ciceron says in De Legibus (2,14,36) that Mysteries of Orphism helped humanity to get out of wildlife, and lead us towards sweetnesses of human culture.

There are at least four mosaics depicting Orpheus in the villas of Vienna, in Isere, France. In the third mosaic, excavated in 1859, the central octagon shows Orpheus playing a lyre with eight strings. His music charms wild animals that adorn octagons devices (wild boar, leopard, lion, horse) and squares (duck, parrot, partridge, purple gallinule).

BASILIQUE DE SAINT DENIS, ou comment le pouvoir s’affirma au travers de l’art.

LA BASILIQUE DE SAINT DENIS


Le langage des images.


Approches de la lecture d’une image, de sa fonction Moyen Âge à travers les sculptures et les vitraux du monument. Comprendre que ces images s’inscrivent dans un ensemble, l’art gothique et l’art roman.


Parcours de visite

Les différentes images qui ornent cette abbaye ont toutes été pensées comme étant porteuses d’une signification précise…Nous allons essayer de comprendre pourquoi on les a placé là où elles sont placées et pourquoi ces images précisément ont été choisies.

Ca sera aussi une occasion de découvrir l’art du Moyen-Age, l’art des périodes qu’on appelle romane et gothique, qui sont deux périodes qui se suivent, et de découvrir que l’art de ces périodes s’est exprimé de plusieurs manières différentes et que des dialogues se sont créés entre les différents types d’art pour dire la même chose.

Nous sommes maintenant devant la cathédrale Saint Denis, sur le parvis. Cette grande place dégagée devant l’église servait à la réunion des fidèles avant l’entrée dans l’enceinte religieuse. Le peuple s’y réunissait pour jouer les pièces de théâtre, appelés Mystères, qui racontent la Bible. Cette large place permettait l’arrivée des matériaux et du matériel sur le chantier de construction, et servait aussi pour mettre en valeur la façade de église.

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INTRODUCTION :

Quelle est l’histoire de la cathédrale ?:

On ne l’a pas placé là par hasard. L’abbaye s’appelle Saint-Denis, ce n’est pas anodin car c’est à cet endroit où fut enterré saint Denis, le premier évêque de Paris.

Mais l’histoire de ce lieu est encore plus ancienne, car à la fin du IV° siècle un mausolée, c’est à dire un monument dédié aux morts, est construit sur un cimetière gallo-romain, à l’emplacement du maître-autel actuel, la partie la plus importante des église, là où le prêtre officie. Ce lieu fit déjà l’objet d’un culte. Puis vers 480, sainte Geneviève, la patronne de la ville de Paris, fait construire un  premier bâtiment, de 20m de long sur 9m de large, dont il subsiste aujourd’hui quelques murs de fondation, car c’est à cet endroit que se serait trouvée la tombe de saint Denis (premier évêque de Paris) et ses deux compagnons, le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère, tout trois martyrisés vers 250 parce qu’ils étaient chrétiens.

C’était déjà un lieu de grand prestige…car Au VIIe siècle, le roi Dagobert est le premier roi à se faire enterrer dans la basilique, et il sera imité par de nombreux rois et reines, voulant être inhumés auprès de Saint Denis et du roi Dagobert, d’abord par les carolingiens, dont Pépin-le-Bref, le père de Charlemagne, qui à l’occasion de son sacre décide la reconstruction de l’édifice à la manière des édifices romains de type basilique, qui est un bâtiment rectangulaire avec un plan très simple.

Puis encore de nombreux rois, par exemple vers la fin du 8ème siècle, vont modifier l’église et vont se faire enterrer jusqu’au dernier roi, Louis XVIII au XIXème siècle. Ainsi cette église voit sa légitimité, son pouvoir renforcé aux yeux des chrétiens et de l’Eglise car c’est un lieu où un saint très important et des rois sont enterrés. 

Ainsi, cette église devint une nécropole royale, et c’est ce qui fait que cet endroit va devenir un lieu de pèlerinage très important au Moyen-Âge, puis une puissante abbaye bénédictine, suivant la règle de Saint Benoît.

C’est l’abbé Suger (1081-1151) qui lui a donné la forme que l’on voit maintenant, même s’il y a eu des travaux entre temps…surtout au XIXème siècle par Viollet-Le-Duc.

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L’abbé Suger dans un des vitraux axiaux de l’église. 

L’abbé Suger, qui était une homme d’église mais aussi le conseiller des rois Louis VI et de Louis VII, fait entreprendre de grands chantiers vers 1140 pour agrandir l’abbaye. Il a complètement révolutionné l’aspect de l’abbaye, et les travaux ont continué au XIIIe siècle.

L’église conservera son architecture médiévale jusqu’au début du XVIIIe siècle et devient cathédrale en 1966. 

La guerre de Cent Ans, les guerres de Religion, les troubles politiques contribuent au déclin de l’abbaye royale de Saint-Denis bien avant que la Révolution ne le précipite. En 1793, les révolutionnaires s’attaquent aux symboles de la monarchie mais la basilique échappe à la destruction totale. En 1806, Napoléon Ier ordonne la restauration du bâtiment. Puis Louis XVIII, le dernier roi de France, qui a vécu au XIXème siècle, restitue à l’abbatiale son rôle de nécropole. Les travaux de restauration se poursuivent tout au long du XIX e siècle et sont dirigés par les architectes Debret puis Viollet-le-Duc à partir de 1846.

Un peu partout dans l’église, on trouve des marques de toute cette histoire, des images placés à des endroits précis volontairement, rappelant aux chrétiens qui venaient se recueillir l’histoire de cette majestueuse et très importante cathédrale.

Il y a donc de nombreuses raisons qui fait que ce lieu était exceptionnel, le fait que le premier évêque de Paris y ait été enterré, le fait que les rois aient voulu voir leurs tombeaux placés là, le fait que celui qui a décidé du chantier était un homme puissant, le conseiller du roi.

Donc tout dans cette église est fait pour montrer le pouvoir temporel et religieux (le temporel, le pouvoir des rois sur les hommes, et le pouvoir religieux, le pouvoir de Dieu et de l’Eglise sur les hommes).

Donc il fallait montrer aux plus grands nombres ce pouvoir politique et spirituel….entre autres par les images…

LES IMAGES ET L’ARCHITECTURE TEMOIGNENT DU POUVOIR POLITIQUE ET RELIGIEUX ET ONT UN ROLE PEDAGOGIQUE.  

 VOYONS CELA A  L’EXTERIEUR :

Comment l’abbé Suger a-t-il fait pour montrer au plus grand nombre ce pouvoir politique et spirituel?

Il a utilisé les images, qu’il a disséminées un peu partout dans l’église. Il a aussi augmenté la taille du bâtiment, pour impressionner et pour montrer que rien n’est trop beau pour les rois et pour Dieu.

Par l’architecture :  

Cette église est haute et verticale, surtout qu’à l’origine il y avait deux tours, mais que la tour de gauche a été détruite en 1846.

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Projet de Viollet-le-Duc pour la reconstruction de la cathédrale.

Et faut savoir que faire une église si haute et si verticale était assez innovant à l’époque car alors c’était l’art roman qui prédominait.

Qu’est-ce que l’art roman ? L’art roman c est un art qui a été présent en France à peu près de 1030 à 1150. C’est un courant artistique qu’on retrouve aussi bien en architecture qu’en peinture, sculpture etc…

Avant d’être transformée par Suger l’abbaye était de style roman. Et l’abbé Suger sut transformer une église romane en un monument gothique. L’abbaye de Saint Denis est un des premiers chefs d’œuvres de l’art gothique. Cette église occupe une place exceptionnelle dans l’histoire de l’architecture gothique, chacune des grandes étapes de sa construction constituant une révolution artistique et technique. Sa construction va être si importante que petit à petit l’art roman va laisser la place à l’art gothique.

C’est un style qui a duré longtemps de 1040, la date de la construction de la cathédrale, jusqu’au début du XVe siècle.

Cet art est avant tout religieux, mais il s’exprime également dans des édifices civils ou militaires. On le voit dans l’architecture mais aussi dans les images.

Ce sont les italiens qui pour la première fois ont utilisé le mot de gothique. Pour eux, cela qualifiait l’art des goths, un peuple de barbares. Pour eux l’art gothique c’était une des raisons pour lesquelles l’art barbare, l’art ne s’est pas développé de la même manière en Italie.

Juste une parenthèse, il faut savoir qu’il y a eu plusieurs gothiques et que cette église, et un peu plus tard, celle de Notre-Dame de Paris (1163), est une des premières réalisations dans ce style. En effet on dire que le gothique est le style de l’art de l’Europe occidentale, et qu’il est né en Ile-de-France et a duré si longtemps qu’entre temps il y a eu plusieurs évolutions en art et architecture.

Il y a eu le gothique primitif, le gothique classique, le gothique «  rayonnant », dont la cathédrale de Strasbourg est représentative, et même « flamboyant » !

Plus la construction gothique est tardive plus ses caractéristiques sont accentuées.

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Cathédrale de Strasbourg, début de la construction 1170.

La caractéristique de l’art gothique qu’on retrouve ici c‘est :

Une volonté de hauteur et de verticalité

La multiplication de jeux de lumières et de couleurs

La volonté d’accueillir le plus grand nombre de fidèles.

Plus d’ouvertures.

Plus de monumental.

Un décor plus travaillé et complexe.

L’évolution architecturale avec le style roman est clair.

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Abbaye de Saint Nectaire, représentative du style roman.

En effet, dans les constructions romanes, les éléments décoratifs étaient initialement très simples et les voûtes en plein-cintre. Les églises étaient souvent plus petites, et il y avait moins d’ouvertures et de fenêtres parce qu’on n’avait pas encore les moyens techniques de faire tenir l’églises avec de grandes ouvertures percées sans que tout s’écroule.

La basilique de saint Denis, telle qu’elle se présente aujourd’hui, a 108 mètres de long., 29 mètres de hauteur, le transept est large de 39 mètres. On essaye donc d’augmenter les dimensions.

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Pourquoi construire un église si grande par rapport à celles d’avant :

– Comme je l’ai dit on cherche à impressionner et à rassurer les gens en montrant la puissance et la grandeur d’un monument, censé représenter la puissance de l’Eglise et du pouvoir royal. En effet, cette église a été pensée comme un signe de puissance et pour être vu de loin.

– Il faut savoir qu’à cette époque, toute la population est chrétienne et les gens sont très croyants. Ils vont régulièrement à l’église pour assister à la messe. Au fil du temps la population augmente et il faut pouvoir accueillir tous les fidèles.

– Les hommes d’Eglise rêvent alors de construire de nouveaux lieux de prière plus grands, plus beaux, et plus lumineux surtout si, comme à Saint Denis, ces lieux accueillent les tombeaux des rois, pour faire des lieux dignes de les accueillir.

– On construit de telles églises aussi et d’abord pour remercier Dieu et on accentue la verticalité pour rapprocher les hommes du paradis, du ciel, de Dieu. On essaye de toucher le ciel.

Par les images :

Les images les églises romanes sont moins ornées d’images que les églises gothiques. Plus on avance dans le temps, plus les entrées vont être décorées.

On en voit, en effet, beaucoup d’images à l’entrée du la Cathédrale Saint-Denis, sur les portails.

A l’origine, au moment de la construction de Saint-Denis on a sculpté beaucoup d’images qui avaient toutes un rôle précis, une fonction. Mais certaines ont été refaites plus tard, par exemple au XIXème siècle par Viollet-le-Duc, car elles ont été abîmées par le temps ou les destructions volontaires.

Les portails :

Comme la plupart des cathédrales gothiques, la façade de Saint Denis comporte trois portails. Les architecte n’ont pas choisi le chiffre au hasard car dans la religion chrétienne, le chiffre trois est associé à la Trinité : le Père, le Fils, le Saint Esprit.

Sur le portail central, on voit une scène, le Jugement Dernier, et sur les portails latéraux, la vie de Saint Denis est représentée.

Pourquoi Saint Dénis ? Une église ou une cathédrale est toujours nommée en l’honneur de quelqu’un, un saint ou une sainte, considéré comme un modèle à suivre ou un intermédiaire entre Dieu et les hommes. On retrouve des images en l’honneur des personnages sacrés qu’on respecte et vénère partout dans l’église, à l’intérieur comme à l’extérieur.

L’église où nous sommes est dédiée à saint Denis, car comme je l’ai dit, il a été un martyre chrétien et on pense qu’il a été enterré ici.

C’est pourquoi on a représenté sur le portail de gauche, le martyr de saint Denis: Denis et ses compagnons, Rustique et Eleuthère, sont conduits au supplice, et sur le portail de droite, la dernière communion de Saint Denis, emprisonné avec deux autres saints, ses compagnons, Rustique et Eleuthère, des mains du Christ lui-même. Derrière la prison, le préfet romain qui ordonne le martyr du saint est avec son dénonciateur et les bourreaux.

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Portail de gauche: Saint Denis et ses compagnons sont conduits au martyre.

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Portail de droite: Saint Denis et ses compagnons reçoivent la communion des mains du Christ.

Saint Denis serait venu d’Italie peu avant 250 après J.-C. Il fut chargé avec six compagnons d’évangéliser le territoire du Royaume de France, les Gaules. Dans les premières légendes, Denis, est considéré comme un apôtre des Gaules. Saint Denis fonde au cours de son apostolat plusieurs églises en France, avant d’être martyrisé avec Rustique et Éleuthère, deux de ses compagnons, vers 250 à Montmartre où ils seront décapités. Selon l’hagiographie, Denis se serait relevé, aurait mis sa tête sous le bras, et aurait marché vers le nord jusqu’au lieu de sa sépulture qu’il aurait choisit.

Au IXe siècle, un abbé dit « aussitôt le corps de saint Denis se leva, et sous la conduite d’un ange, et précédé par une lumière céleste, il porta sa tête entre les bras, depuis l’endroit qu’on appelle le « Mont-des-Martyrs » jusqu’à l’emplacement de l’actuelle basilique « . Ce martyre était donc considéré comme sacré. Il avait même été aidé par les anges et avait ressuscité comme le Christ pour choisir son tombeau.

C’est la légende de saint Denis qui est montré. Comment et pourquoi l’abbé Suger a montré aux croyants cette légende.

Il faut savoir qu’à l’époque, la plupart des gens ne savaient ni lire ni écrire, ils étaient illettrés et ils apprenaient par les images tout ce qu’ils ne pouvaient pas apprendre dans les livres. L’église n’est pas seulement un endroit où l’on prie, c’est aussi un lieu de beauté, de lumière pour rendre hommage à Dieu et aussi un livres d’images, une galerie d’art où on peut apprendre ce qu’est la morale chrétienne.

Dans les églises, ce sont surtout des passages de la Bible ou de la vie des saints qu’ils peuvent apprendre, mais parfois la personne qui décide de montrer telle ou telle image pense aussi à montrer aux gens le pouvoir temporel, le pouvoir des rois, pour les légitimer.

Dans les églises, ce sont surtout des passages de la Bible ou de la vie des saints qu’ils peuvent apprendre, mais parfois la personne qui décide de montrer telle ou telle image pense aussi à montrer aux gens le pouvoir temporel, le pouvoir des rois, pour les légitimer.

Ici Suger met en avant le rôle de martyr pour montrer que, comme le Christ, Saint Denis a souffert, et que le Christ est avec lui (il le fait communier). Comme les rois sont enterrés là, on le montre comme étant protecteur de la royauté et ça fait le lien entre les rois et le saint qui a été reconnu par le Christ. Personne ne peut donc contester l’importance de la place des rois puisqu’ils sont placés à l’endroit où un saint reconnu par le Christ fut enterré. Suger veut imposer saint Denis comme le «patron spécial» du royaume, et veut proclamer et affirmer le caractère sacré des rois de France.

Les souverains ont toujours été au cours de l’histoire en quête de légitimité, ce qui explique pour partie leur volonté de reposer auprès des reliques de saint Denis, Rustique et Eleuthère. Par l’intermédiaire de la puissance des saints martyrs, les rois pensait ainsi acquérir pouvoir et protection, et selon la croyance, accéder directement au Paradis.

« Montjoie saint Denis ! » devient la devise du royaume de France, qui se place ainsi sous la protection du saint tutélaire du royaume : St Denis. Cri de ralliement des chevaliers sur les champs de bataille du XII e et XIII e siècle, inscrit sur la bannière de couleur écarlate parsemée de flammes d’or du fameu oriflamme de Saint-Denis. « Montjoie saint Denis » Cet étendard est une belle image de l’union personnelle entre l’abbaye, le saint patron et le roi. Cette enseigne était systématiquement levée en temps de guerre par les souverains qui venaient la recueillir des mains de l’abbé sur l’autel des saints martyrs. Elle est un des objets majeurs de l’épopée médiévale autour duquel se forme un premier sentiment national. Une copie subsiste dans la basilique.

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Banière de Saint Denis.

Donc comme on voit il y a trois portails. Les deux de côté sont consacrés à Saint Dénis. Et au centre le portail représente une scène de la Bible, qu’on appelle le Jugement Dernier.

Le portail central est le plus élevé et le plus large c est normal parce que c est celui qui est au centre et c’est celui qui représente le Christ. On voit bien qu’on rentre dans un lieu sacré.

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Portail central du Jugement Dernier.

Dans la première bande on voit beaucoup de personnages, de guerriers, rois, reines, évêques, hommes, femmes. Ils se lèvent en poussant des pierres. Ce sont les morts qui sortent de leurs tombeaux. Il s’agit de la Résurrection des morts. Des anges sur les voussures supérieures jouent de la trompette pour les réveiller.

Dans la bande du milieu, Les 12 apôtres entourent le Christ au centre. Il est aussi entouré de la Vierge, cette dernière se tenant à sa droite et Jean à gauche, en position d’intercesseurs, c’est à dire d’intermédiaires entre les hommes et le Ciel. Aux extrémités, deux anges, l’un tenant une épée de feu et l’autre un olifant, encadrent la scène.

Jésus est représenté en crucifié, les bras en croix, montrant ses plaies. On montre ainsi que malgré ses blessures et sa mort, il a ressuscité et est revenu pour sauver les hommes.

On montre le Christ comme le Rédempteur, celui qui a racheté le péché originel. On montre Jésus comme ça en train de montrer ses plaies, pour montrer qu’il est mort pour nous, pour les hommes, pour faire en sorte de laver nos péchés.

Une petite ville, aux pieds de Jésus, symbolise le Paradis. A l’époque, on l’imaginait sous la forme d’une ville, la Jérusalem Céleste. Au pied du Christ, on distingue un petit personnage en prière. C’est Suger qui implore la clémence du Seigneur. Il est ici pour montré que c’est sur sa décision que cet art a été placé là et que l’église a été construite comme ça, qu’il est le chef de cette église, et qu’il l’a fait en hommage à Dieu et au Christ. Il le prie.

Les anges volent au-dessus du christ et portent les instruments de la Passion c’est à dire du martyr du Christ ou encore les instrument par lequel on l’a blessé et tué: la couronne d’épine, la lance et les clous, la croix.

Le christ tend des rouleaux ouverts avec les inscriptions du Jugement Dernier. A droite, il est dit en latin : « venez les Bénis de mon Père », et à gauche, « Eloignez-vous de moi les maudits ». On  sépare les bons et les méchants. A la droite du Christ à notre gauche sont toujours montrés les Bons, les Justes, ceux qui ont fait du bien durant leur vie et qui iront au Paradis, et à la gauche du Christ, à notre droite, sont toujours montrés ceux qu’on appellent les damnés, les méchants, ceux qui seront en Enfer pour l’éternité. 

Sur les courbes de la voûte, c ‘est à dire les voussures, figurent les représentations du Paradis à gauche et de l’Enfer à droite. A droite, ils n’ont pas l’air heureux, ils grimacent de douleur et baissent les têtes, ils sont enchaînés et emmenés en enfer. De l’autre côté à gauche, à la droite de jésus, se trouvent les justes, ceux qui ont été bons et qui iront au Paradis. Ils regardent vers le ciel, vers le christ.

 Dans les voussures, au centre, on trouve une représentation de la Trinité : en haut la colombe de l’Esprit, au centre Dieu tenant l’Agneau de Dieu, qui symbolise l’homme, et en bas deux anges encensant le buste du Christ.

 Qu’est ce que le Jugement Dernier ? D’après la religion chrétienne, à la fin des temps doit venir le moment du Jugement dernier, où l’âme de chacun doit être porté au Paradis ou en Enfer, selon les bonnes ou mauvaises actions accomplies. Par conséquent en voyant ses images terrifiantes, les chrétiens redoutaient l’Enfer et se souciant de leur salut. Ainsi pour gagner le paradis, ils priaient dieu régulièrement, assistait à la messe, se retiraient dans des abbayes, allaient en pèlerinages.

En voyant cette entrée, ils comprenaient que Jésus s’était sacrifié pour eux, et qu’il était victorieux de la mort et la souffrance, car malgré les blessures il apparaissait dans toute sa gloire et qu’il était encore le Tout-Puissant, celui qui décidait du salut des âmes.

Selon la Bible, la résurrection des morts est arrive avant le jugement par Dieu, qui aura lieu le même jour pour tous. Ici on voit le Christ en majesté domine la résurrection des morts sur la bande du bas. Le Jugement dernier est celui qui doit intervenir à la fin des temps, après la venue (ou le retour) du Messie. Ce jour, appelé aussi Jour du Seigneur, permettra au Seigneur de montrer sa Justice.

 Le thème du Jugement dernier n’apparaît guère avant le XIème siècle et n’occupe la première place qu’au XIIIème siècle. Ce sujet a alors été traité très souvent et on l’a retrouvé sur beaucoup de cathédrales construite à l’époque gothique avec des variantes. On retrouve ce thème aussi à Notre-Dame de Paris, à Chartres et à Amiens. Ce fut aussi un thème important dans d’autres arts, en peinture par exemple…

Portail du Jugement Dernier de Notre-Dame de Paris.

Portail du Jugement Dernier de la Cathédrale d’Amiens.

Edward Hopper

Autoportrait, 1930, huile sur toile, 63,8 x 51,4 cm,  Witney Museum, NY.

La prochaine rétrospective du peintre américain qui se tiendra en novembre 2012, au Grand Palais de Paris est l’occasion de parler et présenter le travail d’Edward Hopper (1882, 1967), phénomène à lui seul s’il en est, et pourtant digne représentant pour beaucoup de l’image archétypale de l’Amérique et de l’école de peinture américaine.

Il a, en effet, reçu toute sa signification à l’apogée de la peinture moderne des U.S. et de l’individualisme roi, au moment où l’expressionisme abstrait d’un Pollock gagnait ses galons et couleurs auprès des critiques d’art du monde entier. Mais à l’opposé de ce dernier, tenant d’une abstraction hermétique et presque autosuggestive, Hopper devrait plutôt être qualifié de néo-réaliste, tant son trait semble vouloir reproduire la réalité qui l’entoure…La feinte est insidieuse….la touche, si elle tend à une reproduction quasi photographique voire académique, vibre et confère un réel effet d’imaginaire….

 La civilisation, symbole d’astreinte:

L’homme seul face à la nature, un thème si souvent traités par les peintres mélancoliques de tout temps, Caspar Friedrich le premier qui pose ses figures en contrepoint d’une étendue quasi apocalyptique où la nature règne en maître….Avec Hopper, sans aller jusque dans une dimension spirituelle et transcendantale à la Schelling, l’homme et le paysage sont deux pans de cette même amérique, esseulée, désiorentée, en rupture, enclins à faire l’expérience de « la frontière avec le monde connu, à la limite de la civilisation ». Cette thématique de l’entrave, de l’impasse trouve écho dans l’obturation du champ libre de la nature, et des éléments de civilisation qui la traversent (phares, passages à niveaux, répétitions de murs, interpénétration du vues intérieures et extérieures dans le même tableau…), cloturant ainsi la perspective, la balisant.

Caspar David Friedrich, le voyageur contemplant une mer de nuages, 98,4 x 78,8 cm., huile sur toile, 1817, Kunsthalle of Hambourg.

Haskell’s house, 1924, National Gallery of Washington.

High Road, 1931, National Gallery of Washington.

Gas, 1940, National Gallery of Washinton.

To be continued…..